SOUVENIR DU PASSE RETOUR EN 39-45

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 CAMP DE DRANCY

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MessageSujet: CAMP DE DRANCY   Sam 23 Fév - 3:29

La Cité de la Muette - le bâtiment en U et les tours - ainsi que certains terrains attenants sont réquisitionnés par l'armée allemande le 14 juin 1940. Un document est délivré le 24 janvier 1941, faisant état de la réquisition " pour les besoins des Troupes d'Occupation allemandes " de la caserne républicaine de Drancy et de tous les biens mobiliers et immobiliers. Dans la même note " l'adjoint du commandant du Fronstallag III, camp qui se trouve dans ces casernes " signale qu'il n'y a pas eu de réquisition par écrit des casernes en question, " mais que toutes les conventions ont été faites verbalement entre le service central des cantonnements de l'Armée à Paris et le Préfet de la Seine ". Les logements des officiers de la caserne de Drancy sont remis à leur disposition le 15 octobre 1941.

La forme du bâtiment en U se prête facilement à sa transformation en camp d'internement : le " Fer à cheval " est entouré de barbelés, des miradors sont installés aux quatre coins et le bâtiment est utilisé pour la détention provisoire des prisonniers de guerre anglais et français. Le 20 août 1941, suite à la rafle du XIe arrondissement, la cité devient un camp d'internement de Juifs et sera, désormais, identifiée sous le nom de " Camp de Drancy ". Pendant trois ans, il a fonctionné comme le principal lieu de départ vers les camps d'extermination nazis : 67 des 79 convois de déportés Juifs partiront de Drancy. D'où le surnom : antichambre de la mort. Il fonctionne comme lieu principal de rassemblement et de déportation, jusqu'au 17 août 1944. Le lendemain, 18 août 1944, 1 467 prisonniers sont libérés après l'arrivée du représentant diplomatique suédois et de membres de la Croix rouge. Pendant ses trois années d'existence, le Camp de Drancy a connu trois périodes distinctes, sous les directions de Dannecker, Röthke et Brünner.

La rafle du 20 août 1941 et l'ouverture du Camp de Drancy

Le 20 août 1941 la police parisienne cerne le XIe arrondissement et arrête 2 894 Juifs. Pendant les trois jours suivants, des rafles sont effectuées dans les autres quartiers de Paris et le bilan s'élève à 4 232 Juifs arrêtés, dont environ 1 500 français. Ils sont tous internés au Camp de Drancy, ouvert le 20 août. Ils sont rejoints par 52 membres du barreau de Paris, arrêtés à leur domicile.

Le Camp de Drancy sous Dannecker
(20 août 1941 - 16 juillet 1942)

Les premiers internés Juifs du Camp de Drancy arrivent ici le 20 août 1941, à la suite de la rafle dénommée " rafle du 11e arrondissement " car la plupart des 4 232 Juifs arrêtés habitaient ce quartier. Au Camp de Drancy, rien n'a été prévu pour accueillir un si grand nombre d'hommes. Les bâtiments ne sont pas achevés et pendant les premières semaines les internés doivent coucher sur le béton armé. La famine sévit et un marché noir se développe, à l'initiative des gendarmes du camp. La famine provoque des décès et 800 personnes très affaiblies sont libérées début novembre. Les internés sont alors autorisés à recevoir un colis alimentaire et ont droit à une correspondance.

La structure administrative du camp est mise en place. Pendant la première année, le Camp de Drancy est placé sous l'autorité suprême de l'Allemand Dannecker, qui menace de son revolver les internés derrière les fenêtres. Un fonctionnaire français, nommé par la Préfecture de police, assure le commandement du camp et fait appliquer le règlement, œuvre de Dannecker. La garde extérieure et la surveillance intérieure sont assurées par un détachement de gendarmes français. Plusieurs services sont créés, assurés par les internés, sous la surveillance des gendarmes ou des représentants de la Préfecture de police. Le bureau des effectifs est placé sous la surveillance des inspecteurs de police. Le bureau militaire, administré par les internés, fournit des attestations de qualité d'anciens combattants et, à partir de juillet 1942, de femme de prisonnier de guerre. Le service des cuisines est administré par un économe nommé par la Préfecture de police qui nomme également un médecin " aryen " chargé de surveiller le service médical assuré par les internés.

Les otages

A la suite d'un attentat contre un officier, les Allemands exécutent 70 otages au Mont-Valérien le 15 décembre 1941. Parmi les otages, 53 sont juifs, dont 44 emmenés du Camp de Drancy.


Theodor Dannecker:

(1913-1945) Chef du service des affaires juives
de la Gestapo en France, de novembre 1940 à août 1942.
Assure la direction du Camp de Drancy du 20 août 1941 au 16 juillet 1942, par l’intermédiaire d’un commandant du camp, fonctionnaire français,nommé par la Préfecture de Police.

Mort le 10 décembre 1945 dans la prison américaine de Bade-Tolz.

Drancy sous Röthke
(16 juillet 1942 - 2 juillet 1943)

Pendant la première année de son existence, les internés du Camp de Drancy étaient des hommes mais à partir de juillet 1942, le Camp comporte aussi des femmes et des enfants. La deuxième période du Camp de Drancy débute avec la grande rafle des 16 et 17 juillet 1942, dite "Rafle du Vel' d'Hiv", lorsque 13 152 hommes, femmes et enfants sont arrêtés. Parmi eux, 4 992 sont internés à Drancy. Il s'agit de personnes seules ou de couples sans enfants qui seront déportés dès le 19. Les autres - 1 129 hommes, 2 916 femmes et 4 115 enfants - sont enfermés dans le Vélodrome d'Hiver. Ils sont transférés vers les camps du Loiret du 19 au 22 juillet : quatre trains vers Pithiviers et trois vers Beaune-la-Rolande.

Après leur séparation forcée, les parents sont déportés directement de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande à Auschwitz fin juillet et début août. Dannecker demande à Eichmann l'autorisation de déporter également les enfants. Lorsque l'autorisation de Berlin arrive, les parents ont déjà été déportés. Elle précise que les enfants doivent être mêlés dans " dans des proportions adéquates " aux adultes, pour faire croire qu'il s'agit de déportations familiales et non d'enfants isolés. Trois mille enfants - dont les plus jeunes n'ont pas deux ans - arrivèrent ainsi à Drancy à partir du 15 août sans leurs parents, pour être déportés.


Heinz Röthke:
Successeur de Dannecker jusqu’en août 1944.
Meurt en 1968 en Allemagne où il est devenu avocat.

Drancy sous Brünner
(2 juillet 1943 -17 août 1944)

Le 2 juillet 1943 une équipe de cinq Allemands, ayant à sa tête Aloïs Brünner, prend le contrôle du camp. L'administration française et les gendarmes sont relevés de leurs fonctions. Ceux-ci n'assurent plus que la garde extérieure.

Dans le Camp de Drancy, devenu un véritable camp de concentration nazi, les détenus assurent une part importante de l'administration. Le régime de la responsabilité collective est instauré et un petit nombre de nazis suffit à assurer le contrôle du camp.

Le tunnel de Drancy :
un acte de résistance

Quand un interné commettait ce que les Allemands appelaient une Schweinerein (Cochonnerie), comme par exemple une tentative d'évasion, ceux-ci appliquaient le principe de la responsabilité collective et cinquante internés étaient systématiquement victimes de sévices. En septembre 1943 les Résistants du camp, désireux de s'évader pour reprendre la lutte armée contre l'ennemi, estimant qu'ils n'avaient pas le droit de mettre en danger la vie des autres, réalisèrent un tunnel destiné à permettre l'évasion de la totalité des internés du camp, entre l'appel du soir et l'appel du matin. Lorsqu'il fut découvert par les S.D. des S.S., le tunnel mesurait 38,50 mètres de long, 1,30 m de haut et de 60 à 80 centimètres de large. Il était boisé et éclairé. Il devait aboutir, 1,50 m plus loin, dans la tranchée-abri qui bordait l'avenue Jean-Jaurès de Drancy, ce qui donnait une zone de dispersion très importante. Les Allemands procédèrent à l'arrestation de quatorze membres de l'équipe du tunnel, qui furent interrogés sous la torture (un coup de feu blessa Georges Gerschel à la jambe). Aucun ne parla. Ils furent déportés par le 62e convoi, le 20 novembre 1943. Sur les quatorze, douze sautèrent du train en marche et purent rejoindre la Résistance. Claude Aron fut arrêté à Lyon, alors qu'il avait un poste de responsabilité dans un maquis. Torturé à l'hôtel Terminus à Lyon, il avoua s'être évadé du train de déportation, pour ne pas mettre en cause ses amis du maquis. Ramené à Drancy, il y fut épouvantablement torturé, déporté et tué à son arrivée à Auschwitz. (Témoignage des survivants du tunnel).

L'équipe du tunnel de Drancy

Claude ARON, pharmacien, licencié en sciences et en droit, capitaine d'artillerie. Initiateur du tunnel, évadé du 62e convoi, déporté , mort à Auschwitz.
Jean BADER, chef du service de sécurité, décédé.
Juda BASICURINSKY et ses camarades, déportés, morts en déportation.
Pierre BLOCH, déporté.
Colonel Robert BLUM, déporté, mort en déportation. Commandant du camp de Drancy et commandant de la résistance.
Georges BODENHEIMER, déporté, mort en déportation.
Pocicelsky dit Jacques BORIS, évadé de déportation, décédé.
Serge BOUDER, évadé de déportation.
Jean CAHEN-SALVADOR, Conseiller d'État, évadé de déportation, décédé.
Elie CARIO, corps franc du Capitaine Neuville.
Bernard DREYFUS, professeur de médecine, décédé.
Robert DREYFUS, déporté, mort en déportation.
Georges GEISSMAN, décédé.
René GEISSMAN, décédé.
Georges GERSCHEL, évadé de déportation.
Roger GERSCHEL, évadé de déportation, décédé.
Eugène HANDSCHUH, évadé de déportation.
Louis HANDSCHUH, évadé de déportation.
Oscar HANDSCHUH, évadé de déportation, décédé.
Maurice KALIFAT, évadé de déportation, décédé.
Léon KUTNER, chirurgien dentiste.
Roger LEVY, décédé.
Georges LEVITZKI, décédé.
Robert MANUEL, sociétaire de la Comédie Française, décédé.
Monsieur Charles MEYER, décédé.
Jean OPPENHEIMER, déporté revenu.
Claude RAIN.
Michel SCIAMA.
Roger SCHANDALOW, évadé de déportation.
Henri SCHWARTZ, déporté revenu, décédé.
Robert Antoine SCHWOB, professeur de médecine, décédé.
Abraham STERN.
Raymond TREVES, évadé de déportation, décédé.
André ULLMO, initiateur du tunnel, avocat à la Cour.
Stanislas VADASZ, déporté, mort en déportation.
Jean VARON, décédé.
Raymond WALCH, décédé.
Docteur Marc Adrien WEILL-WARLIN, ancien interne des hôpitaux de Paris, chef de clinique, assistant des hôpitaux, décédé.
Docteur Raymond WEILLE, décédé.


Alois Brünner

Commandant du Camp de Drancy du 2 juillet 1943 au 17 août 1944.
Condamné à mort par contumace, le 3 mai 1954
par le Tribunal permanent des Forces armées à Paris
il se réfugie au Moyen-Orient, en particulier en Syrie, à Damas.

La libération
du Camp de Drancy

" Arrachez vos Étoiles !": ce cri retentit au Camp de Drancy le 17 août 1944, lorsque le S.S. Aloïs Brünner prend la fuite. Les deux semaines qui ont précédé ont été marquées par des menaces constantes de déportation. Le 31 juillet, alors que les Alliés s'approchent de Paris, les enfants et les adolescents sont déportés par le convoi n° 77. Début août le bruit d'une déportation circule dans le camp : tout le monde sera déporté, dit-on. N'ayant plus rien à perdre, les internés du Camp de Drancy se mettent en rapport avec la Résistance qui leur fait parvenir des armes dissimulées dans des colis alimentaire. Seuls quatre internés, ainsi qu'en témoigne Madame Andrée Warlin, sont au courant de l'arrivée des armes, car " si les Allemands s'en aperçoivent, les représailles seront sanglantes " . Les résistants-internés réussissent aussi à faire sortir du camp le fichier des internés, dans des emballages vides, qu'ils cachent dans un camion de ravitaillement. Ces fiches contenant les noms des internés, tout ce qui reste de leur passage, sortent ainsi du camp sous les yeux des Allemands. Le 17 août, les Allemands quittent le camp en emmenant cinquante internés comme otages. La plupart d'entre eux sont des résistants arrivés des prisons de Fresnes et du Cherche Midi. Groupés dans un wagon raccroché au train des nazis en fuite, ils réussissent presque tous à s'évader. Après le départ des Allemands, le consul de Suède, Nordling, arrive à Drancy, accompagné d'André Ullmo et de représentants de la Croix Rouge. Les sorties du Camp de Drancy commencent officiellement le vendredi 18 et se terminent le dimanche. Le docteur Marc Adrien Weill-Warlin et maître André Ullmo rapportent, le soir du 18, les armes à la Résistance de Paris.
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